Épaisseur de colle carrelage de 2 cm : c’est recommandé ?

BTP & Rénovation

Une épaisseur de colle carrelage de 2 cm n’est pas recommandée dans la grande majorité des cas. Cela dépasse largement les limites d’utilisation prévues par les fabricants, et cela peut compromettre l’adhérence, la stabilité du carrelage et la durabilité du support. La pose de carrelage obéit à des règles précises, notamment en ce qui concerne les épaisseurs de colle admissibles, les types de supports et les contraintes mécaniques. Dans cet article, nous allons passer en revue les situations dans lesquelles une telle épaisseur peut se poser, les risques associés et les alternatives à envisager.

Les limites techniques des colles à carrelage

Les colles à carrelage sont conçues pour fonctionner dans une plage d’épaisseur bien définie. En règle générale, on parle de 3 à 5 mm pour une pose classique, jusqu’à 10 mm pour certaines colles dites “à forte épaisseur” (type C2E ou C2S1 selon la norme NF EN 12004). Aller au-delà de 10 mm s’écarte clairement des pratiques validées.

Performances mécaniques altérées

Une couche de colle de 2 cm entraîne un risque élevé de décollement ou de fissuration dans le temps. En séchant, la colle perd du volume, ce qui provoque des vides sous les carreaux et donc des fragilités. Ce retrait peut aussi créer des désaffleurements, surtout si les carreaux sont de grand format.

Non-conformité aux normes de pose

Une telle épaisseur ne respecte pas les DTU (documents techniques unifiés) encadrant la pose du carrelage, notamment le DTU 52.2 pour les sols intérieurs. En cas de sinistre, cela pourrait remettre en question la garantie décennale si les travaux ont été réalisés par un professionnel.

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Pourquoi cherche-t-on à appliquer autant de colle ?

Dans la pratique, on rencontre parfois des cas où l’on cherche à rattraper un défaut de planéité, à compenser une hauteur ou à poser sur un support irrégulier. Cela peut sembler plus simple d’augmenter la colle que de refaire la chape ou de ragréer, mais cette solution est loin d’être fiable.

Rattrapage de niveau ou pente absente

Lorsqu’on veut aligner une surface avec une autre (exemple : raccord avec un parquet), certains bricoleurs augmentent l’épaisseur de colle pour “rehausser” localement. Cette méthode crée une zone plus faible qui va bouger sous les charges, notamment en cas de passage fréquent ou de mobilier lourd.

Support irrégulier ou non préparé

Sur une dalle ancienne avec des creux et des bosses, on pourrait être tenté de combler les défauts directement avec la colle. Mais une colle carrelage n’a pas vocation à jouer le rôle de mortier de nivellement. Le résultat sera instable, avec des risques de fissures précoces.

Les solutions adaptées pour compenser une forte hauteur

Si nous avons un besoin réel de compenser une épaisseur de 2 cm, il existe des méthodes fiables et validées techniquement. Elles nécessitent un peu plus de préparation, mais assurent un résultat durable et conforme.

Mortiers de ragréage ou chapes de rattrapage

Pour une correction jusqu’à 3 cm, on peut utiliser un mortier de ragréage fibré adapté aux sols irréguliers. Ces produits, prêts à l’emploi, offrent une excellente planéité et se posent avant la colle. Si la correction dépasse 3 cm, une chape allégée ou traditionnelle est plus adaptée.

Pose en double encollage avec colle adaptée

Certaines colles “grande épaisseur” peuvent permettre une pose jusqu’à 15 mm, mais à condition de l’associer à un double encollage (colle sur le support et au dos du carreau). Cela améliore l’adhérence et réduit le risque de bulles d’air ou de zones creuses.

Les risques concrets d’une couche de colle trop épaisse

Au-delà des normes, une application de colle de 2 cm entraîne plusieurs problèmes pratiques qui vont impacter la tenue et l’esthétique du carrelage.

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Temps de séchage allongé

Une telle épaisseur augmente fortement le temps de séchage. Il n’est pas rare que la colle reste souple pendant plusieurs jours, rendant le sol inutilisable. Cela peut entraîner des traces de pas, des carreaux qui glissent ou se déplacent, voire un affaissement à moyen terme.

Mauvaise adhérence et carreaux désolidarisés

Une trop grande épaisseur ne garantit pas un contact homogène avec le carreau. Résultat : des carreaux qui sonnent creux, se décollent avec le temps ou se fendent sous la pression. C’est souvent le cas quand on pose des carreaux grands formats mal pressés dans une épaisse couche de colle.

Le type de support influence l’épaisseur admissible

Tous les supports ne réagissent pas de la même façon à une forte épaisseur de colle. Le béton, l’ancien carrelage ou le bois ne présentent pas les mêmes contraintes, et il faut adapter l’approche à chaque situation.

Béton brut ou chape ciment

Ces supports sont les plus tolérants, à condition qu’ils soient propres, secs et réguliers. Pour autant, une surépaisseur de colle reste déconseillée au-delà de 10 mm. Un ragréage préalable est toujours préférable pour garantir un lit de colle uniforme.

Pose sur ancien carrelage

Si le carrelage existant est sain et bien adhérent, une nouvelle pose par-dessus est possible, mais elle nécessite une colle spécifique et un double encollage. Même dans ce cas, on reste sur des épaisseurs de 3 à 6 mm au maximum. Une couche de 2 cm pose des problèmes de stabilité et d’adhérence à long terme.

Les formats de carreaux influencent la pose

Les carreaux petits formats tolèrent un peu mieux les défauts du support. En revanche, les carreaux grands formats (supérieurs à 60×60 cm) demandent une planéité quasi parfaite et une épaisseur de colle maîtrisée.

Carreaux grands formats : attention à la planéité

Avec des carreaux larges, une colle trop épaisse entraîne souvent des désaffleurements, des creux d’air ou des zones non collées. Pour éviter ces défauts, on recommande un double encollage systématique, avec un lit de colle uniforme de 5 à 10 mm maximum.

Pose murale ou au sol

Les contraintes ne sont pas les mêmes selon qu’on pose au mur ou au sol. Une colle épaisse sur un mur peut entraîner un glissement des carreaux et un affaiblissement de l’adhérence verticale. Sur un sol, c’est la stabilité mécanique sous charge qui est en jeu. Dans les deux cas, une épaisseur de 2 cm reste trop élevée.

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Écrit par

Julien

Je suis Julien, paysagiste spécialisé en permaculture et co-fondateur de Soleilpourtous.fr. Avec Élodie, ingénieure en énergies renouvelables, nous accompagnons les particuliers et les professionnels dans leur transition écologique. Notre approche est pratique et accessible : nous partageons des solutions concrètes pour optimiser votre consommation énergétique, aménager un jardin durable et adopter un mode de vie plus respectueux de l’environnement. Notre mission ? Vous aider à allier économie, autonomie et écologie pour un avenir plus vert et plus résilient.